Rencontres tout au sommet, avec les propriétaires forestiers du Livradois
Publié le 03/11/2016

Association des propriétaires forestiers du Livradois. De gauche à droite : Michel Mayet, membre du conseil d’administration, Pierre Rigoulet, vice-président, Gérard Faucher, président, et René Jouvancy, vice-président.
Pour le quatrième volet de notre série sur la filière bois, remontons tout en amont, à la rencontre des propriétaires forestiers. Un statut qui n’est pas sans embûches.
Un petit noyau d'irréductibles. Gérard Faucher, René Jouvancy, Pierre Rigoulet et Michel Mayet font partie des propriétaires forestiers qui s'occupent de leurs bois. Et visiblement, il n'y en a pas tant que cela ! Pourtant, rien que sur le territoire de la communauté de communes du Haut-Livradois, il y aurait six à sept mille propriétaires forestiers, selon eux. Leur association, celle des propriétaires forestiers du Livradois (APFL), compte environ 250 adhérents. « Et un grand nombre d'entre eux ne s'intéressent pas à leurs parcelles », explique Pierre Rigoulet, vice-président. Résultat : près de la moitié des parcelles ne sont pas gérées, dans le Livradois-Forez. Alors pourquoi ?
La raison est historique ! Face à l'exode rural et l'abandon des terres agricoles dans la deuxième partie du XX e siècle, l'État a lancé un plan d'ampleur pour replanter des forêts. Les propriétaires sont partis en ville et les bois ont poussé, inexorablement. Exonérés d'impôts sur le foncier pendant trente ans, les propriétaires ne se sont souvent souvenus qu'ils possédaient des forêts que lorsqu'ils ont reçu leur avis d'imposition, trois décennies plus tard. Et encore, dans le meilleur des cas, car certaines parcelles ont été oubliées lors des héritages et se retrouvent aujourd'hui avec un propriétaire non identifié. « Rien qu'au Monestier, il y en a une dizaine », commente le président, Gérard Faucher.
Morcellements
C'est dans ce contexte que des associations, comme l'APFL en 2010, sont nées, afin d'intéresser et d'aider les propriétaires forestiers (sous l'impulsion du Centre régional de la propriété forestière (CRPF) et l'aide financière du Conseil départemental). « Les anciens, comme nous qui sommes restés, avons encore des notions de sylviculture », estime Michel Mayet, membre du conseil d'administration, « mais un grand nombre de propriétaires les ont perdues » complète Gérard Faucher. « Où se trouve ma propriété, comment vendre mon bois, que vaut-il ? », sont des questions auxquelles les membres de l'association et le technicien du CRPF (lire ci-dessous) répondent aux personnes qui les sollicitent. Car la vie d'un propriétaire forestier n'est pas un long fleuve tranquille, laissent entendre ces retraités. Parmi les difficultés qu'ils rencontrent, le morcellement de la propriété. En clair : les parcelles, déjà pas très grandes dans le Livradois, ont été encore divisées au fil des héritages. En résultent des parcelles trop petites pour être rentables. « Les prestataires qui prélèvent le bois ne peuvent pas se permettre de déployer une machine pour deux heures de travail », détaille Pierre Rigoulet. D'autres parcelles sont enclavées au milieu d'autres par exemple… Il faut pour les propriétaires forestiers parvenir à s'entendre pour réaliser des chantiers groupés. Quand il ne connaît pas les valeurs de ses bois, le propriétaire forestier doit aussi apprendre à faire jouer la concurrence entre les acheteurs ou faire estimer sa parcelle par un indépendant, pour s'assurer qu'il le vend à bon prix. Savoir remplir un contrat de vente s'apprend, aussi. Et puis, il ne suffit pas de couper, il faut reboiser et s'occuper des nouveaux plants, ce qui engendre des coûts. « Cela ne s'invente pas. Les bois, ce n'est pas des poireaux », image le président.
« Qui s'en occupera, après nous ? »
Cependant, l'association encourage les propriétaires à gérer leurs forêts, car malgré ces difficultés, « le bois peut être source de rentabilité » affirme Gérard Faucher. En vivre ? « Non, pas avec nos petites parcelles du Livradois, mais c'est un petit à côté ». « C'est aussi un plaisir, une passion, témoigne Pierre Rigoulet, d'entretenir des arbres de belles qualités, en attendant le jour où il y aura un petit retour financier, pour nous ou nos enfants ». Et leurs enfants s'intéresseront ils à leurs forêts ? L'âge moyen du propriétaire forestier de l'APFL est 67 ans. Michel Mayet s'en soucie : « Qui s'en occupera, après nous ? »




"La Montagne "
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Réunion inter associations

De la graine au plant

Les zones humides

Voyage en Lozère

Le viager forestier

Première manifestation de l'association des propriétaires forestiers
"Le bornage connaisance des limites de parcelles "

La création de l'association le 09 décembre 2010

